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Histoire de la Route du Rhum
La Route du Rhum est née en 1978 à l’initiative de Michel Etevenon, un publicitaire passionné de voile qui rêvait d’une course transatlantique en solitaire, ouverte à tous les bateaux. La première édition, remportée par le Français Michel Malinovsky, lança une tradition qui ne s’est jamais démentie.
Depuis lors, la Route du Rhum se court tous les quatre ans — en 2018, 2022 et donc en 2026. Elle relie Saint-Malo à Pointe-à-Pitre en Guadeloupe par la route directe atlantique, soit environ 3 500 milles nautiques (6 500 km). C’est une course en solitaire, sans escale et sans assistance.
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Ce qui distingue la Route du Rhum des autres grandes courses océaniques, c’est son ouverture : tous les bateaux de plus de 10 mètres sont les bienvenus, qu’il s’agisse d’un voilier de série ou d’un trimaran géant de 32 mètres de large. Cela crée une flotte hétéroclite et fascinante, étalée sur plusieurs semaines entre le premier arrivé et le dernier.
Le parcours : Saint-Malo — Pointe-à-Pitre
Au départ, les concurrents franchissent la ligne devant les remparts de Saint-Malo, traversent la Manche et s’élancent dans l’Atlantique nord. La route traditionnelle longe ensuite les côtes ibériques avant de piquer vers les Canaries et d’attraper les alizés pour foncer vers les Antilles.
Les bateaux les plus rapides (Ultim, les multicoques géants) peuvent boucler le parcours en 7 à 9 jours. Les voiliers monotypes (Imoca 60, Class40) mettent entre 15 et 22 jours. Les plus petits concurrents peuvent naviguer pendant un mois ou plus.
Les classes de bateaux
La Route du Rhum accueille plusieurs classes de bateaux, chacune avec ses propres caractéristiques :
Ultim : les monstres des mers. Trimarans de 32 mètres de long et autant de large, développant des vitesses moyennes supérieures à 35 nœuds (65 km/h). Foilants depuis 2018, ils volent littéralement au-dessus de l’eau.
IMOCA 60 : la classe phare du grand large. Monocoques de 18 mètres à foils, naviguant parfois inclinés à 30° et développant des vitesses pointes de 40 nœuds. C’est la classe des Vendée Globe.

Multi50 : trimarans de course de 50 pieds (15 mètres), plus accessibles que les Ultim mais tout aussi spectaculaires.
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Class40 : la classe démocratique du grand large. Monocoques de 12 mètres construits en série selon un cahier des charges strict, permettant une compétition serrée entre des dizaines de concurrents.
Rhum : la classe ouverte, qui accueille les projets atypiques, les vieux gréements, les baroudeurs et les navigateurs qui veulent vivre la traversée sans viser la victoire.
Les grands noms de la course
La Route du Rhum a consacré les plus grands noms de la voile française et mondiale. Éric Tabarly, père de la voile française moderne, participa aux premières éditions. Philippe Poupon, Laurent Bourgnon, Loïck Peyron, Franck Cammas, François Gabart — la liste des vainqueurs est un panthéon de la navigation hauturière.
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En 2022, Charles Caudrelier (Maxi Edmond de Rothschild) établit un nouveau record absolu en 7 jours, 14 heures et 11 minutes, à une vitesse moyenne de 24 nœuds. La barre des 7 jours semble à portée pour 2026.
L’ambiance du départ
Dans les semaines précédant le départ, Saint-Malo vit à l’heure de la Route du Rhum. Un village de la course invest les quais avec des expositions sur les bateaux et les skippers, des animations gratuites et des conférences. Les bateaux géants sont à quai, accessibles avec les équipes techniques qui s’activent jour et nuit.

Le jour du départ, la ville est en ébullition. Des centaines de milliers de spectateurs envahissent les remparts, la plage du Sillon et toutes les hauteurs de la rade pour assister à l’envol des voiles. Les bateaux passent en cortège devant le Fort National avant de s’élancer vers l’Atlantique.
Le son des câbles qui claquent sur les mâts, les moteurs des vedettes presse qui escortent la flotte, les commentaires sur les hauts-parleurs — et soudain le coup de canon du départ. Un moment inoubliable.
Comment venir à Saint-Malo pour la Route du Rhum
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La Route du Rhum attire plusieurs centaines de milliers de visiteurs. L’organisation est généralement excellente, mais quelques précautions s’imposent :
Hébergement : réserver au moins 6 mois à l’avance. Les hôtels de Saint-Malo et de la région (Dinard, Cancale, Dinan) affichent complets rapidement.
Transport : le TGV Paris-Saint-Malo est plein sur les jours du départ. Réserver dès l’annonce des dates. Des cars spéciaux sont organisés depuis Rennes et d’autres villes bretonnes.
Places sur les remparts : arriver 2 à 3 heures avant le départ pour trouver une bonne place. Les meilleures vues se trouvent sur les remparts nord (face à la rade) et sur l’angle nord-est.
La transat en chiffres (édition 2022)
- 131 bateaux inscrits au départ
- 38 nationalités représentées
- Vainqueur Ultim : 7j 14h 11min (Charles Caudrelier)
- Vainqueur Class40 : 14 jours
- Plus de 500 000 spectateurs sur le week-end du départ

Le village de la Route du Rhum : une semaine de fête
Chaque édition de la Route du Rhum transforme Saint-Malo en une gigantesque fête nautique bien avant le coup d’envoi de la course. Le village de la Route du Rhum, installé majestueusement sur les quais du port, est le cœur battant de cette célébration. Pendant une semaine, du 30 octobre au 5 novembre 2026, il offre un spectacle permanent et une immersion totale dans l’univers de la voile de compétition, accessible gratuitement à tous les publics. Dès l’ouverture, l’atmosphère est électrique : des milliers de visiteurs affluent pour déambuler parmi les stands des constructeurs, des équipementiers nautiques, des partenaires de la course et des exposants locaux, présentant les richesses du terroir breton.
L’attraction majeure reste sans conteste la présence des géants des mers. Les Ultims, ces trimarans démesurés, et les monocoques IMOCA, véritables laboratoires flottants de technologie, sont amarrés à quelques mètres du public. C’est une occasion unique de les admirer de près, de saisir l’échelle de ces machines extraordinaires et même, pour certains bateaux, de bénéficier de visites guidées. Les skippers, figures emblématiques de la course, animent régulièrement des conférences. Ces rendez-vous privilégiés permettent d’écouter leurs récits, de comprendre les défis techniques et humains de la traversée, et de poser des questions. Les horaires de ces conférences sont détaillés dans le programme officiel, disponible quelques semaines avant l’événement, et il est fortement conseillé de s’inscrire à l’avance tant l’affluence est grande.
Au-delà des bateaux et des rencontres avec les marins, le village propose une multitude d’animations gratuites pour tous les âges : simulateurs de navigation, ateliers pédagogiques, expositions thématiques sur l’histoire de la course ou la protection des océans, concerts et spectacles. L’accès au village est entièrement libre, sans aucune entrée payante, ce qui en fait un événement populaire et fédérateur. Cependant, l’afflux de centaines de milliers de personnes a un impact direct sur la vie locale. Les restaurants du port et d’Intra-Muros affichent souvent complets des jours, voire des semaines, à l’avance. Une réservation anticipée est donc indispensable pour profiter pleinement de l’expérience culinaire malouine, entre deux immersions dans l’effervescence du village. C’est une semaine d’exception, où Saint-Malo vibre au rythme de la mer et de l’aventure.
Les skippers légendaires et leurs destins
La Route du Rhum n’est pas seulement une course, c’est une épopée humaine, un concentré d’histoires de courage, de persévérance et de passion, portées par des skippers qui sont de véritables légendes des mers. Des noms comme Francis Joyon, Thomas Coville, Loïck Peyron ou Armel Le Cléac’h résonnent avec une admiration particulière dans l’univers de la voile. Francis Joyon, par exemple, a marqué l’histoire en 2018 en pulvérisant le record de la course à l’âge de 62 ans, bouclant la traversée en un temps incroyable de 7 jours, 14 heures, 21 minutes et 47 secondes. Sa victoire, à bord de son trimaran Idec Sport, a démontré que l’expérience et la détermination pouvaient triompher des machines les plus jeunes et des budgets les plus importants.

Chacun de ces marins incarne une facette de la compétition au large. Thomas Coville, figure de la persévérance, a longtemps couru après les records en solitaire, endurant les échecs avant de concrétiser ses rêves de vitesse. Loïck Peyron, avec son palmarès impressionnant et son approche quasi philosophique de la mer, est un marin complet, capable de s’adapter à toutes les montures et de transmettre son savoir avec une élégance rare. Armel Le Cléac’h, surnommé « Le Chacal » pour sa ténacité et sa capacité à ne jamais lâcher prise, a conquis le Vendée Globe et s’est illustré sur de nombreuses transats, prouvant une stratégie et une maîtrise technique exceptionnelles.
Au-delà des records et des podiums, la Route du Rhum met en lumière la dimension profondément humaine de la compétition. La préparation d’une telle traversée est colossale : elle exige des années d’entraînement physique et mental, une connaissance approfondie de la mécanique et de l’électronique de son bateau, et une gestion impeccable de la météo. Ces marins affrontent la solitude absolue pendant des jours, voire des semaines, luttant contre des conditions météorologiques extrêmes, des pannes techniques imprévues et l’épuisement. Les abandons sont mémorables, parfois déchirants, comme celui de Kito de Pavant en 2014, contraint d’abandonner son bateau après une collision. Mais la course est aussi le théâtre de sauvetages héroïques, témoins de la solidarité des gens de mer. L’exemple le plus poignant reste celui de Florence Arthaud en 1990, secourue en pleine nuit par un cargo après être tombée à l’eau. Ces moments rappellent que derrière les performances sportives, il y a des hommes et des femmes d’exception, confrontés à la puissance de l’océan, dont les destins s’écrivent à chaque vague.
Voir le départ depuis les remparts : guide pratique
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Assister au départ de la Route du Rhum depuis les remparts de Saint-Malo est une expérience inoubliable, un spectacle grandiose qui attire des centaines de milliers de personnes. Les multicoques et monocoques, alignés dans le chenal, puis s’élançant vers le grand large sous les acclamations, offrent une vision magique. Pour vivre pleinement ce moment, une bonne préparation est essentielle. Les remparts offrent plusieurs points de vue stratégiques, chacun avec ses
Route du Rhum et économie locale
La Route du Rhum génère un impact économique considérable pour Saint-Malo et ses environs. Avec plus de 600 000 visiteurs lors de l’édition 2022, l’événement entraîne une occupation hôtelière de 100 % dans un rayon de 50 km. Les restaurateurs enregistrent une hausse de chiffre d’affaires de 30 à 50 % sur la semaine du village nautique. La ville a construit son identité de capitale mondiale de la voile au large autour de cet événement biennal. La Transat Jacques Vabre (départ du Havre), la Solitaire du Figaro (passage fréquent par Saint-Malo), et la Route du Whisky complètent le calendrier des grandes courses auxquelles Saint-Malo est associée. Le port de commerce et de plaisance de Saint-Malo accueille plus de 4 000 navigateurs par an — un chiffre qui témoigne de l’ancrage maritime profond de la cité corsaire dans la culture nautique mondiale.
